
Le Vietnam s’impose aujourd’hui comme une destination prisée pour les étudiants en quête d’expérience internationale. Avec une croissance économique moyenne de 7,1% au cours de la dernière décennie et un PIB qui devrait propulser le pays au 20ème rang mondial d’ici 2050 selon PricewaterhouseCoopers, les opportunités professionnelles se multiplient dans tous les secteurs. Entre l’effervescence technologique de Ho Chi Minh-Ville, le dynamisme institutionnel de Hanoï et l’émergence de pôles industriels à travers le pays, les possibilités de stages s’avèrent particulièrement diversifiées. Le coût de la vie abordable, la richesse culturelle et la position stratégique au cœur de l’Asie du Sud-Est font du Vietnam un terrain d’apprentissage exceptionnel pour développer des compétences recherchées sur le marché international.
Réglementation des visas et permis de travail pour stagiaires étrangers au vietnam
La première étape cruciale pour votre stage au Vietnam consiste à maîtriser les démarches administratives. Contrairement aux idées reçues, effectuer un stage légalement au Vietnam nécessite des documents spécifiques qui vont bien au-delà du simple visa touristique. Les autorités vietnamiennes ont renforcé leurs contrôles ces dernières années, et travailler avec un visa inadapté expose à des sanctions sévères, incluant amendes et interdiction de territoire.
Visa DN (đào tạo) : procédure d’obtention pour stage conventionné
Le visa DN, également appelé visa de formation ou d’apprentissage, représente le sésame officiel pour les stagiaires internationaux. Ce document s’obtient grâce à une lettre d’invitation émise par l’entreprise d’accueil vietnamienne, qui doit elle-même disposer d’une licence commerciale valide et être enregistrée auprès du Department of Labor. La procédure débute généralement 60 à 90 jours avant votre arrivée prévue. Votre futur employeur soumettra d’abord une demande d’autorisation au Département de l’Immigration du Vietnam, accompagnée de votre convention de stage tripartite, de votre passeport scanné (valide au moins 6 mois), et d’une lettre de recommandation de votre établissement universitaire.
Une fois l’approbation obtenue, vous recevrez un numéro d’autorisation que vous présenterez à l’ambassade ou au consulat vietnamien de votre pays de résidence. Le visa DN permet généralement un séjour de 3 à 6 mois, renouvelable sur place si votre stage se prolonge. Les frais oscillent entre 80 et 160 euros selon la durée et la nationalité, auxquels s’ajoutent les coûts de traitement administratif au Vietnam (environ 50 à 100 dollars américains).
Permis de travail temporaire : conditions et documents requis
Techniquement, les stagiaires effectuant une formation pratique ne sont pas toujours soumis à l’obligation de permis de travail si leur stage dure moins de 3 mois et qu’ils ne perçoivent aucune rémunération de l’entreprise vietnamienne. Cependant, dans la pratique, de nombreuses entreprises préfèrent sécuriser la situation en obtenant un permis de travail temporaire pour leurs stagiaires, particulièrement lorsque ces derniers reçoivent une gratification ou que la mission dépasse 90 jours.
Les documents nécessaires incluent : un casier judiciaire de moins de 6 mois traduit et
légalisé, un certificat médical récent, votre convention de stage, une lettre d’explication de l’entreprise détaillant vos missions, ainsi qu’une copie certifiée conforme de vos diplômes ou relevés de notes. L’employeur devra également fournir ses propres documents (licence d’exploitation, enregistrement fiscal, liste du personnel étranger) et déposer le dossier auprès du Department of Labor, Invalids and Social Affairs (DOLISA) de sa province. Le permis de travail temporaire est généralement valable pour la durée du contrat ou du stage, dans la limite de 12 mois. Même si toutes les entreprises ne le demandent pas, vous avez intérêt à clarifier ce point dès l’entretien pour éviter toute situation « grise » sur le plan légal.
Convention tripartite université-entreprise-étudiant : exigences légales vietnamiennes
La convention de stage tripartite est la pièce maîtresse de votre dossier, à la fois pour votre université et pour les autorités vietnamiennes. Elle doit préciser l’intitulé du stage, les missions confiées, la durée exacte, la présence ou non d’une gratification, ainsi que les coordonnées des trois parties (étudiant, établissement, entreprise). Au Vietnam, de nombreux services RH exigent que cette convention soit rédigée en anglais ou accompagnée d’une traduction certifiée pour être annexée au dossier de visa DN et, le cas échéant, au permis de travail.
Veillez à inclure des éléments concrets : lieu de travail, horaires indicatifs, nom du tuteur sur place, et rappel du caractère non salarié de la relation, afin de bien distinguer le stage d’un emploi. Certaines universités françaises imposent aussi une clause de couverture assurance responsabilité civile et rapatriement, indispensable pour un stage à l’étranger. Sans convention formalisée, l’entreprise vietnamienne ne pourra pas justifier de la nature pédagogique de votre présence, ce qui compliquera fortement la délivrance du visa adapté.
Délais de traitement auprès de l’ambassade et du department of labor
Les délais administratifs pour un stage au Vietnam varient selon les périodes de l’année et la charge de travail des services. Pour le visa DN, comptez en moyenne 2 à 4 semaines entre le dépôt du dossier par l’entreprise auprès de l’immigration vietnamienne et la réception de la lettre d’approbation. À cela s’ajoutent 5 à 10 jours ouvrés pour la délivrance du visa par l’ambassade ou le consulat de votre pays de résidence. Vous comprenez pourquoi il est recommandé de lancer les démarches 2 à 3 mois avant la date de départ souhaitée.
Pour un permis de travail temporaire, le DOLISA annonce généralement un délai de traitement de 10 à 15 jours ouvrés une fois le dossier complet enregistré. Dans les faits, des allers-retours peuvent rallonger ce délai, surtout si des traductions manquent ou si la description des missions n’est pas jugée assez claire. Pour éviter les mauvaises surprises, nous vous conseillons de vérifier régulièrement l’avancement avec le service RH et de ne prendre vos billets d’avion qu’après confirmation écrite de l’entreprise que tout est en ordre.
Plateformes de recrutement spécialisées et jobboards vietnamiens
Une fois la partie administrative clarifiée, reste la grande question : où trouver concrètement un stage au Vietnam ? Bonne nouvelle, l’écosystème de recrutement vietnamien s’est fortement digitalisé. En plus des réseaux classiques, plusieurs jobboards locaux sont devenus incontournables pour repérer les offres de stages, en particulier dans les grandes villes comme Hanoï, Ho Chi Minh-Ville et Da Nang. Savoir les utiliser efficacement vous fera gagner un temps précieux et vous évitera de postuler à l’aveugle.
Vietnamworks et CareerBuilder vietnam : filtres de recherche pour stages
VietnamWorks et CareerBuilder Vietnam figurent parmi les plateformes les plus anciennes et les plus utilisées par les recruteurs locaux. À première vue, elles semblent davantage orientées « emplois qualifiés », mais de nombreuses entreprises y publient aussi des offres de stage, notamment dans le marketing, l’IT, la finance ou les ressources humaines. Pour les trouver, utilisez les filtres de recherche en anglais avec des mots-clés comme intern, internship, trainee ou fresher, puis affinez par ville (Hanoi, Ho Chi Minh, Da Nang).
N’hésitez pas à enregistrer vos critères de recherche pour recevoir des alertes hebdomadaires. Sur VietnamWorks, vous pouvez également repérer les entreprises internationales, les joint-ventures et les filiales de groupes français déjà habitués à accueillir des stagiaires étrangers. Même si l’annonce n’évoque pas explicitement un « stage au Vietnam », un poste junior ou entry-level peut parfois être négocié sous forme de stage conventionné de 4 à 6 mois, surtout si vous arrivez avec un projet clair et des dates définies.
Topcv et MyWork : candidature spontanée et alertes emploi
TopCV et MyWork sont deux plateformes très populaires auprès des jeunes vietnamiens, en particulier pour les premiers emplois et les stages. L’interface est majoritairement en vietnamien, mais vous pouvez utiliser la traduction automatique de votre navigateur pour naviguer. L’avantage de ces sites réside dans la possibilité de poster votre CV en ligne et de le rendre visible aux recruteurs qui filtrent par niveau d’études, compétences et langues parlées. C’est une façon efficace de vous faire repérer même sans répondre à une annonce précise.
La plupart des entreprises présentes sur ces plateformes sont locales, parfois de taille moyenne, mais très dynamiques. Vous pouvez adopter une stratégie proactive : identifier les sociétés qui correspondent à votre domaine (par exemple une agence marketing à Hanoï ou une PME tech à HCMV), visiter leur site officiel puis envoyer une candidature spontanée par e-mail. En complément, activez les alertes pour les offres mentionnant thực tập sinh (stagiaire en vietnamien), un mot-clé très utilisé dans les intitulés de postes.
Linkedin vietnam : networking avec recruteurs francophones et internationaux
LinkedIn est sans doute l’outil le plus puissant pour trouver un stage au Vietnam lorsque l’on vient de France ou d’Europe. Au-delà des offres publiées, c’est surtout un gigantesque annuaire de recruteurs, managers et expatriés déjà en poste. En quelques recherches ciblées (“intern Vietnam”, “French Vietnam”, nom de votre école + Vietnam), vous pouvez repérer des anciens élèves, des responsables RH francophones, ou encore des directeurs de filiales qui ont l’habitude d’accueillir des stagiaires internationaux.
La clé est d’oser envoyer des messages personnalisés, en expliquant votre projet de stage au Vietnam, vos dates et ce que vous pouvez apporter à l’entreprise. Traitez LinkedIn comme un salon de recrutement permanent : commentez des posts, rejoignez des groupes thématiques (French Tech Vietnam, communautés d’expatriés), et partagez régulièrement vos avancées. Un profil complet, rédigé en anglais, avec une photo professionnelle et un résumé clair de votre objectif de stage augmentera nettement vos chances d’être contacté.
Groupefacebooktâm sự du học sinh et communautés d’expatriés
Facebook reste extrêmement populaire au Vietnam, tant pour la vie sociale que pour la recherche de stages et d’emplois. Des groupes comme Tâm Sự Du Học Sinh (confessions d’étudiants à l’étranger) ou des communautés d’expatriés francophones à Hanoï et Ho Chi Minh-Ville regorgent d’annonces informelles, de retours d’expérience et de bons plans. C’est souvent là que vous verrez passer les besoins urgents de start-ups, d’ONG ou de petites entreprises qui n’ont pas le temps de publier sur les gros jobboards.
En rejoignant ces groupes, prenez le temps de vous présenter : qui êtes-vous, quelles études suivez-vous, à quelles dates recherchez-vous un stage au Vietnam et dans quel secteur. Vous serez surpris du nombre de réponses, de conseils, voire de contacts directs avec des employeurs potentiels. Pensez aussi aux groupes thématiques comme « Français au Vietnam », « Etudiants & Stagiaires Francophones au Vietnam », ou encore les pages d’événements de la Chambre de Commerce et des ambassades, qui relayent fréquemment des offres de stages.
Zones économiques et pôles d’activité à cibler selon votre secteur
Pour maximiser vos chances de décrocher un stage au Vietnam, il ne suffit pas de postuler partout au hasard : mieux vaut cibler les bons quartiers et zones économiques en fonction de votre spécialisation. Le pays s’organise autour de grands pôles : Ho Chi Minh-Ville comme capitale économique et technologique, Hanoï comme centre politique et institutionnel, Da Nang comme hub technologique émergent et plusieurs zones industrielles comme Binh Duong. En comprenant la géographie économique du pays, vous concentrerez vos efforts là où les entreprises ont le plus besoin de stagiaires.
Ho chi Minh-Ville district 1 et district 7 : hub technologique et startups
Ho Chi Minh-Ville (Saigon) est souvent la première destination envisagée pour un stage au Vietnam, et ce n’est pas un hasard. Le District 1 concentre les sièges des grandes entreprises, des banques, des cabinets de conseil et des agences internationales. C’est aussi là que se trouvent de nombreux espaces de coworking et incubateurs de start-ups, en particulier dans le Saigon Innovation Hub et le quartier de Ben Nghe. Si vous visez un stage en marketing digital, finance, consulting ou développement commercial, commencer vos recherches dans ce district est une excellente stratégie.
Le District 7, notamment autour de Phu My Hung, accueille quant à lui de nombreuses entreprises étrangères, des écoles internationales et des centres commerciaux modernes. On y trouve un écosystème particulièrement favorable aux stages en IT, e-commerce, design, mais aussi en gestion de projet pour des filiales internationales. En ciblant spécifiquement ces districts dans vos recherches (via l’adresse des entreprises sur LinkedIn ou les jobboards), vous vous positionnez au cœur du hub économique vietnamien.
Hanoï cau giay et ba dinh : institutions gouvernementales et ONG internationales
Hanoï, capitale politique du Vietnam, est un choix privilégié si vous vous intéressez aux relations internationales, aux institutions publiques ou aux ONG. Le district de Ba Dinh héberge de nombreux ministères, ambassades, organisations internationales et grandes entreprises publiques. Pour un stage en droit international, diplomatie, coopération ou gestion de projets de développement, c’est dans ce secteur qu’il faudra concentrer vos contacts et vos candidatures.
Le district de Cau Giay, de son côté, est un pôle universitaire et technologique qui accueille plusieurs campus, centres de recherche et sociétés IT. Les entreprises y recherchent souvent des stagiaires en data, développement logiciel, support technique ou communication. Si votre profil se situe à la frontière entre technologie et gestion de projet, Hanoï offre un environnement plus institutionnel que Saigon, mais tout aussi riche en opportunités de stages.
Parc High-Tech de da nang : opportunités en ingénierie et IT
Souvent moins connu des étudiants étrangers, Da Nang se positionne comme une ville à taille humaine, en plein essor technologique. Son High-Tech Park et sa zone logicielle attirent depuis plusieurs années des entreprises spécialisées en ingénierie, électronique, développement logiciel et services numériques. Pour un stage en informatique, cybersécurité, développement mobile ou ingénierie industrielle, Da Nang représente une alternative intéressante aux mégapoles surpeuplées.
La qualité de vie y est souvent citée comme un atout majeur : plages à proximité, trafic plus fluide, loyers modérés. Les entreprises basées dans le Parc High-Tech de Da Nang apprécient les profils étrangers capables de communiquer avec des clients internationaux, notamment américains, japonais ou européens. Si vous cherchez un environnement plus calme pour votre stage au Vietnam tout en restant dans un écosystème technologique dynamique, mettez Da Nang en haut de votre liste.
Zone économique de binh duong : industries manufacturières et logistique
À une trentaine de kilomètres au nord de Ho Chi Minh-Ville, la province de Binh Duong abrite l’une des plus grandes zones industrielles du pays. De nombreuses usines, entrepôts logistiques et parcs industriels s’y sont installés, attirant des investisseurs étrangers dans les secteurs du textile, de l’ameublement, de l’électronique ou encore de l’agroalimentaire. Pour un stage en ingénierie industrielle, supply chain, qualité ou gestion de production, ce territoire offre de réelles perspectives.
Les entreprises de Binh Duong apprécient particulièrement les stagiaires capables de faire le lien entre les méthodes européennes (lean management, contrôle qualité, automatisation) et la réalité du terrain vietnamien. Le cadre est plus industriel que dans les centres-villes, mais c’est un excellent tremplin pour une carrière dans la logistique, l’import-export ou le management de site de production à l’international.
Organisations et programmes d’échange académique franco-vietnamiens
Si l’idée de chercher un stage au Vietnam seul vous semble intimidante, sachez que de nombreuses structures facilitent les échanges entre la France et le Vietnam. Programmes universitaires, chambres de commerce, associations étudiantes : vous n’êtes pas obligé de tout faire par vous-même. En vous appuyant sur ces relais institutionnels, vous gagnerez en crédibilité auprès des employeurs locaux et vous bénéficierez souvent d’un accompagnement sur les aspects administratifs.
Campus france vietnam : stages via partenariats universitaires bilatéraux
Campus France joue un rôle central dans la coopération académique entre la France et le Vietnam. De nombreuses universités et écoles françaises ont signé des accords bilatéraux avec des établissements vietnamiens, ouvrant la voie à des échanges, doubles diplômes et parfois à des stages intégrés dans ces programmes. Renseignez-vous auprès du service relations internationales de votre établissement pour savoir s’il existe déjà un partenariat actif avec une université vietnamienne.
Dans le cadre de ces accords, il est souvent plus simple d’obtenir un stage au Vietnam, car les entreprises locales font confiance aux étudiants issus de ces programmes conjoints. Campus France Vietnam organise également des forums, webinaires et rencontres avec des entreprises françaises implantées sur place, qui sont de bons moments pour déposer votre CV et présenter votre projet de stage. N’hésitez pas à suivre leurs actualités et à solliciter un rendez-vous d’orientation pour affiner votre stratégie.
Chambres de commerce française (CCIFV) : offres en entreprises francophones
La Chambre de Commerce et d’Industrie France-Vietnam (CCIFV) est une ressource précieuse pour tout étudiant francophone à la recherche d’un stage au Vietnam. Elle regroupe des entreprises françaises et vietnamo-françaises de tous secteurs : distribution, industrie, services, IT, tourisme, etc. Sur son site, une rubrique est souvent dédiée aux offres d’emploi et de stages, accessibles aux candidats locaux comme étrangers. Certaines annonces mentionnent spécifiquement la recherche de stagiaires francophones pour des missions commerciales, marketing ou administratives.
Au-delà des offres, la CCIFV organise régulièrement des événements de networking, des ateliers carrière et des forums emploi où les étudiants peuvent rencontrer directement des recruteurs. Y participer, même en ligne, vous permet de vous faire connaître, de poser des questions sur les attentes des entreprises et d’identifier des pistes concrètes de stage. Vous pouvez aussi déposer une candidature spontanée dans leur espace candidat pour être recontacté en cas de besoin par une entreprise membre.
AIESEC vietnam : échanges internationaux pour étudiants et jeunes diplômés
AIESEC est une organisation internationale étudiante présente au Vietnam, spécialisée dans les programmes d’échange professionnel et citoyen. Leur mission est de permettre aux jeunes de réaliser des stages et volontariats à l’étranger, dans un cadre structuré et accompagné. Les comités locaux d’AIESEC à Hanoï, Ho Chi Minh-Ville ou Da Nang proposent régulièrement des opportunités de stage en marketing, gestion de projet, enseignement, ONG ou start-ups locales.
En passant par AIESEC Vietnam, vous bénéficiez d’un processus déjà rodé : aide à la recherche de stage, mise en relation avec les entreprises partenaires, accompagnement à l’arrivée (logement, intégration, événements sociaux). Bien sûr, des frais d’adhésion ou de participation peuvent exister, mais en échange, vous gagnez un réseau international et un cadre sécurisé pour votre première expérience au Vietnam. Pour un premier séjour en Asie, cette solution peut constituer un bon compromis entre autonomie et accompagnement.
Stratégies de candidature adaptées au marché vietnamien
Vous savez désormais où chercher un stage au Vietnam, mais encore faut-il adapter votre candidature aux codes locaux. Un CV français classique, une lettre de motivation générique et une attitude trop informelle en entretien risquent de vous fermer des portes. Le marché vietnamien, fortement influencé par les standards anglo-saxons et asiatiques, valorise la clarté, la concision et le respect des hiérarchies. En ajustant vos documents et votre posture, vous vous démarquerez immédiatement des autres candidats étrangers.
CV format anglo-saxon versus CV vietnamien : photo et informations personnelles
Au Vietnam, le CV au format anglo-saxon (une à deux pages, en anglais, orienté compétences) est largement dominant dans les entreprises internationales. Cependant, beaucoup de recruteurs locaux attendent encore certains éléments du CV vietnamien traditionnel, comme la photo, la date de naissance, l’état civil ou parfois même la nationalité. À vous de trouver le bon équilibre : gardez la structure claire et professionnelle d’un CV anglo-saxon, mais ajoutez une photo sobre et quelques informations personnelles de base pour rassurer les employeurs locaux.
Mettez en avant vos compétences techniques (logiciels, langues, méthodes), mais aussi vos réalisations concrètes : projets d’école, associations, missions bénévoles. Un étudiant sans expérience professionnelle peut tout à fait convaincre en détaillant un projet de groupe ou une étude de cas pertinente pour le poste visé. Pensez aussi à préciser clairement votre objectif : « Stage de 6 mois en marketing digital à Ho Chi Minh-Ville » ou « Stage en ingénierie logicielle à Hanoï ». Cela aide le recruteur à comprendre immédiatement votre démarche.
Lettre de motivation bilingue vietnamien-anglais : structure et ton formel
Dans les grandes entreprises internationalisées, une lettre de motivation en anglais suffit généralement. En revanche, pour des PME locales ou des organisations publiques, une version bilingue (anglais + vietnamien) peut constituer un atout considérable. Même si vous ne parlez pas encore vietnamien, vous pouvez faire traduire votre lettre par un contact local ou un traducteur professionnel. Le simple fait de montrer cet effort culturel envoie un signal positif très fort.
Sur le fond, privilégiez un ton formel et respectueux : adressez-vous au recruteur par son titre (Mr./Ms.) si vous le connaissez, remerciez systématiquement pour le temps accordé et évitez les tournures trop familières. Structurez votre lettre en trois parties : qui vous êtes (formation, projet de stage au Vietnam), ce que vous pouvez apporter à l’entreprise (compétences, expériences pertinentes) et ce que vous attendez du stage (apprentissages, découverte du marché vietnamien). En quelques paragraphes clairs, vous devez répondre à la question que se pose le recruteur : « Pourquoi lui/elle et pas un autre ? »
Entretien par zoom et zalo : codes culturels et étiquette professionnelle
La plupart des premiers entretiens pour un stage au Vietnam se déroulent désormais en visio, via Zoom, Google Meet ou parfois Zalo, l’application de messagerie locale. Techniquement, rien de très différent d’un entretien classique : connexion stable, casque, caméra allumée, tenue professionnelle. Mais sur le plan culturel, quelques nuances sont importantes. Les recruteurs vietnamiens attachent beaucoup d’importance à la politesse, à l’humilité et au respect de la hiérarchie. Il vaut mieux se montrer légèrement plus formel que trop décontracté.
Prenez le temps de saluer votre interlocuteur, de le remercier pour l’opportunité et de répondre avec clarté, même si votre anglais n’est pas parfait. N’interrompez pas votre interlocuteur et évitez de critiquer ouvertement vos anciennes expériences ou votre système universitaire. Préparez quelques questions sur l’entreprise, l’équipe, le contenu du stage : cela montre votre motivation et votre capacité à vous projeter. Enfin, n’oubliez pas d’envoyer un e-mail de remerciement après l’entretien, un geste simple mais encore trop rare chez les candidats étrangers.
Rémunération, coût de la vie et hébergement pour stagiaires
Dernier point clé pour réussir votre stage au Vietnam : évaluer correctement votre budget. Combien espérer comme rémunération de stage ? Quel est le coût de la vie à Hanoï ou Ho Chi Minh-Ville ? Où se loger sans exploser ses économies ? En répondant à ces questions en amont, vous éviterez les mauvaises surprises et pourrez vous concentrer sereinement sur votre expérience professionnelle et culturelle une fois sur place.
Grille de salaires stages vietnam : 3-8 millions VND selon secteur
Au Vietnam, la gratification de stage n’est pas systématique, surtout pour les très petites structures ou les ONG. Toutefois, dans les grandes villes et les secteurs à forte valeur ajoutée (IT, finance, marketing digital), il n’est pas rare que les stagiaires reçoivent une indemnité comprise entre 3 et 8 millions de VND par mois (environ 110 à 300 euros). Certaines entreprises ajoutent des avantages en nature : prise en charge du déjeuner, participation au loyer, remboursement partiel du visa ou de l’assurance santé.
Lors de la négociation, n’hésitez pas à aborder la question de manière transparente, sans en faire votre unique critère. Expliquez vos besoins minimaux pour couvrir vos dépenses sur place et discutez d’éventuelles compensations si l’entreprise ne peut pas proposer une gratification élevée (télétravail partiel, jours de congé, formation interne). Pour beaucoup de recruteurs vietnamiens, un stagiaire étranger motivé et adaptable vaut largement cet investissement.
Logement à hanoï et HCMV : colocation districts tay ho et binh thanh
Le logement représente souvent la plus grande part du budget pour un stage au Vietnam, mais les prix restent bien plus abordables qu’en Europe. À Hanoï, le quartier de Tay Ho (près du lac de l’Ouest) est particulièrement apprécié des expatriés et des stagiaires : ambiance internationale, cafés, restaurants, et nombreuses colocations. Une chambre en colocation meublée y coûte généralement entre 150 et 300 euros par mois, selon le standing et la proximité du centre.
À Ho Chi Minh-Ville, des districts comme Binh Thanh, Phu Nhuan ou certaines parties du District 2 et du District 7 offrent un bon compromis entre prix, accessibilité et qualité de vie. Vous y trouverez des shared houses, des résidences avec services (ménage, sécurité, buanderie) et des studios. Les groupes Facebook d’expatriés, les plateformes de location locales et les recommandations d’anciens stagiaires seront vos meilleurs alliés pour dénicher une chambre avant même votre arrivée.
Budget mensuel stagiaire : transport grab, alimentation et assurance santé
De manière générale, un stagiaire peut vivre confortablement au Vietnam avec un budget mensuel compris entre 500 et 800 euros, logement inclus, en fonction de son style de vie. Les transports quotidiens sont peu coûteux : l’application Grab (l’équivalent d’Uber en Asie du Sud-Est) permet de se déplacer en moto-taxi ou en voiture pour quelques dizaines de milliers de VND par trajet. Pour réduire encore les coûts, certains stagiaires optent pour un vélo ou un scooter, mais cela demande une bonne adaptation à la circulation locale.
L’alimentation est l’un des grands atouts du pays : un repas dans un petit restaurant local coûte entre 1,5 et 3 euros, et même dans des lieux plus touristiques, les prix restent raisonnables. N’oubliez pas d’inclure dans votre budget une assurance santé internationale couvrant les soins au Vietnam et un éventuel rapatriement, souvent exigée par votre université. En anticipant ces dépenses, vous pourrez profiter pleinement de votre stage au Vietnam, sans stress financier inutile, et vous concentrer sur ce qui compte vraiment : apprendre, créer du réseau et vivre une expérience inoubliable.